jeudi 13 juin 2019

Louise 6 : La question du choix

La question du choix:
Un artiste doit pouvoir choisir
C'est son travail
Mais aucun choix ne tient
Vraiment

Puiser à même le magma 
de son inconscient
Laisser sa main travailler seule
Regarder comme un spectateur 
Ce qu'elle apporte
De connaissance sur soi
Sur l'humanité

Le sujet happe mon oeil
Il connecte avec la partie enfouie
Comme dans l'amour
Une connivence d'esprit
Je ne dessine pas un visage 
Parce qu'il est esthétique
Je le dessine parce qu'il me parle.

Dessin sur panneau
1m10 x 1m10



mercredi 12 juin 2019

Louise 5 : Créer avec notre être



































On crée avec notre être
Avec ce que l'on est

On construit à partir de 
cette matière brute
Que contient notre intériorité.

Résine 50 x 35 x 30 cm





lundi 10 juin 2019

Louise 4 : Dis moi aussi

















Dis moi aussi
une fois ton choix fait
Comment gardes-tu la flamme bien allumée
jusqu'à la fin 
sans t'égarer
dans tes autres idées
à travers tes 
nouvelles pensées?
Comment aprofondir 
sans tout changer
en cours de route?

Dessin sur panneau marouflé
1m10 x 1m10

Louise 3 : Dis moi Louise






















Dis moi Louise
Comment fais-tu pour choisir?
N'as-tu pas aussi toutes ces idées
qui se bousculent dans ta tête?
Comment arrives tu à choisir entre tous ces chemins?
Il y a tant de choses à dire et
tant de façons de les exprimer, comment les mettre
en ordre d'importance?
Dessin sur panneau marouflé
1m30 x 1m30

dimanche 9 juin 2019

Louise 2 : Louise ma chère Louise



















Louise ma chère Louise
Que fais-tu de l'amour
Que fais-tu de ta colère
Que fais-tu de tes peurs
Louise tu avances et exprimes
Le paysage venu de ton ventre
Sans perdre le fil
Et sans perdre de temps.


Dessin sur panneau marouflé
1m80 x 1m30

samedi 8 juin 2019

Louise ma chère Louise, intro






Un simple dessin.

Des lignes, des traits, des ombres et des lumières.
Ce que l'on croit voir en fait, n'est qu'un écran qui cache toute une vie intérieure: des joies, des colères, des peurs, des questionnements, des doutes, des déchirements.


Comme si le tatouage était l'être.





Tout a commencé par Louise Bourgeois, cette grande exploratrice de l'expression de ses mondes intimes. J'en ai fait un petit dessin juste pour moi, d'abord pour l'invoquer comme une divinité, puis j'ai continué à dessiner pour la questionner, jusqu'à ce qu'elle se mette à me parler en retour.

Nous avons discuté de tout: comment garder bien vivant ce mince fil qui nous garde connecté intimement à notre oeuvre, que faire des émotions qui nous déséquilibrent, de l'amour, de la peur, des révoltes, du temps qui passe, de sa division créée par l'argent à gagner ou autres pressions intérieures ou extérieures.

Mes dessins ont grandi, les techniques ont évolué. Mes papiers sont devenus des grands
panneaux marouflés et toutes ces questions sont devenus ma quête. Louise s'est multipliée et est devenue un des éléments de mon totem intérieur, des facettes de moi je présume.
Jana Sterback, Greta Thunberg, Miriam Cahn sont venues à travers mes mains.  Nous avions aussi bien des choses à nous dire. Elles ont en commun l'intégrité, la force, l'équilibre, l'expression, une certaine forme d'anarchie aussi peut-être.
Elles ne parlent qu'avec sincérité.
Elles arrivent à exprimer ce subtil monde qui les habite, chacune à leur façon et elles sont devenues sans le savoir le canal de l'expression du mien.

Parce qu'un dessin n'est jamais qu'un simple dessin. Il parle avant tout de celui qui l'a fait. Il est le reflet d'un monde à exprimer, rarement compris en dehors de son aspect extérieur, de son esthétisme.


Geneviève LeBel

Les feux de profondice

On m'a appris la superficialité
la profondeur je la connaissais déjà
maintenant je nage en surface
je m'aplatis jusqu'à n'être qu'une
fine couche de peau
comme si le tatouage était l'être.
Le tatouage n'est que surface
décoration tableau mural de l'âme.
Cachés derrière les couches
de béton du mur de béton
de la brique du mur de briques
de la pierre du mur de pierres
derrière la coquille de ces murs
le feu la braise l'oiseau
sa cage ouverte et puis son chant
le soleil l'infini l'espace le temps
la pluie le grand-père et l'eau fraîche de la rosée.
Derrière il y a la lune et l'oliphant
Derrière je joue de la trompette et je m'éveille en te caressant.

On m'a appris la superficialité
la profondeur je la connaissais déjà
maintenant je nage en surface je m'aplatis jusqu'à n'être qu'une
fine couche de peau
comme si le tatouage était l'être
comme si le tatouage était l'être.

La chance
La chance d'être là d'être ici enfant pour toujours dans cette danse de l'imaginaire
la chance que j'ai d'avoir accès à l'éternel de mon vivant
J'y entre j'y sors comme dans un moulin
je retourne dedans et j'y moud mon grain.
Quelle chance j'ai d'accéder à l'éternel parce que j'y crois que je le vois que je le sens
dans toutes mes pores dès que je lui laisse m'effleurer les sens et la raison.
Quelle chance j'ai d'accéder à toute cette vie
d'avoir tiré le gros lot de l'immensité confort maison
chaleur même en hiver où je suis née et où
j'ai porté mes premières mitaines
Quelle chance j'ai
Quelle chance j'ai même un pyjama
La chance d'être là d'être ici enfant pour toujours.

Je me projette comme dans une fusée parce que
toutes les portes de mon ciel sont ouvertes.

Quelle chance
Les trous du ciel mènent à la lumière.
La beauté du moment
le précieux de la tristesse
le généreux de la joie.

Créer des moments
Récolter des moments
Répandre des moments
Offrir des moments
Étirer des moments
Faire jaillir des moments
Illuminer des moments

Je voudrais que ma pierre tombale
soit suspendue à un ballon
et ne touche pas terre.

J'ai laissé mon aplatissement
mon aplaventrisme mon terre-à-terreur
mon aigreur ma négritude de servitude
mon boulevard Charest de poussière
ma grisaille mes devoirs la viande de porc
mon corps de surface mon élongation musculaire
mon lumbago mon winnebago
ma vaisselle mon beau-frère pis son jeep.
J'ai laissé mon numéro de téléphone à l'entrée et
je suis entrée toute nue dans le pavillon de la poésie pure.
Ici le temps ici l'esprit ici l'espoir l'espérance le vivant.
J'ai laissé ma peau de surface au vestiaire et
tu me vois chair tu me vois ventre tu me vois éther.
Tu me vois.

Vous êtes des pensées vous êtes des sentiments vous êtes des émotions vous êtes à l'intérieur vous êtes de l'intérieur vous vivez ensemble à l'intérieur vous êtes distinctes mais en interaction vous bougez chacune à votre façon mais vous êtes attachées vous êtes interaction vous êtes vous êtes vous êtes.
Vous êtes des pensées vous êtes des sentiments vous êtes des émotions vous êtes.

Je réclame le droit de briller le droit de grandir
le droit d'ensoleiller d'éclabousser
de brûler d'éclater de jouir
Je réclame un grand rassemblement au bord de l'eau
au-dessus duquel nous ferons exploser
tous mes feux de profondice.